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Diététique

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Maigrir…À bas les idées reçues

Maigrir…À bas les idées reçues D.R.

Oui, les régimes sont tous fondés sur l’interdit et l’exclusion… On vous dira toujours que vous ne serez privé de «rien». Un rien qui s’assortit de «sauf» et de «mais»...C’est en fait un tour de passe-passe… Tel Michel Montignac qui raconte que «la pomme de terre est à proscrire car c’est un tubercule pour cochons» (!). Et pour les adeptes de la diète protidique, c’est tout aussi simple, «ce qui vous fait envie n’est pas comestible». Suit une série d’anathèmes qui conduisent l’adepte à une sorte d’autohypnose: il raye de sa carte mentale les nourritures maudites.

«Toute ma vie j’ai fait la chasse aux kilos, brûle-graisse, gélules coupe-faim, steak grillé, yaourt matin, midi et soir… J’ai tout essayé. Tout réussit. Le hic: entre deux régimes, je reprenais le double du poids perdu, raconte Leyla (41 ans). Il y a deux ans, j’ai fait le forcing. Pesée et piqûres tous les matins chez un acupuncteur qui, si je n’avais pas perdu mes 400 grammes réglementaires, sévissait à coup de «correctif»: une pomme par repas et basta. Régime-boulot-dodo: j’ai tenu huit mois, barricadée dans une forteresse intérieure pour fuir toute tentation. Mais quelle récompense: 18 kg envolés! Restait à me stabiliser. C’est alors que le contrôle m’a échappé… Six mois plus tard, je m’effondrais en larmes chez le psy. Dépression? J’ai décidé de suivre une thérapie centrée sur les troubles du comportement alimentaire. En notant mes envies de manger, j’ai repéré ma révolte contre une angoisse de perfection qui pesait sur mon corps comme sur ma vie: travailler dur, être une bonne élève, une bonne étudiante, toujours, tout le temps, et faire trois repas par jour diététiquement corrects! Alors, j’ai appris à manger de tout, mais moins. En savourant tous les jours un carré de chocolat. J’ai compris que je pouvais laisser sans remords de la nourriture dans mon assiette si je n’avais plus faim. Maigrir vite et bien? Je n’y crois plus. Vivre heureuse d’abord, avec ou sans kilos en trop, voilà ma priorité.»

Non, les êtres humains ne naissent ni libres ni égaux en poids…
La minceur n’est pas un droit imprescriptible, mais une prédisposition: elle serait donnée, comme la grâce, à quelques élus. Une inégalité qui associe un nombre impressionnant de facteurs: «D’abord, la génétique du sujet, ses particularismes physiologiques et morphologiques. Ensuite, son histoire alimentaire, qui va bien au-delà des habitudes acquises, et inclut le sens donné à la nourriture lorsqu’il était enfant. Son histoire tout court, avec la construction de sa personnalité, ses manques et ses fragilités. Et d’autres facteurs, plus ponctuels, comme l’âge.»

Alors, les pécheurs originels n’auraient plus qu’à baisser les bras et les autres, à s’empiffrer? C’est oublier que l’on ne va pas impunément contre sa nature et que l’effort porte d’abord sur la compréhension intime de ce que l’on a vécu, de ce que l’on est, et de la place que les kilos occupent dans notre histoire.

Peut-on maigrir en mangeant n’importe quoi?
Et fondre en se nourrissant de bretzels et de Nutella? «En ce moment, on entretient la confusion entre deux discours qui ne se recoupent pas forcément: le discours minceur et le discours santé. On ne dit pas qu’il faille maigrir en ne tenant aucun compte des besoins de l’organisme. On dit simplement que ce qui compte, pour perdre du poids, c’est l’apport calorique, calculé sur la semaine. Le résultat, on le connaît: c’est la pesanteur du nouveau conformisme diététique qui tricote allègrement le sain et le léger pour nous soumettre à la férule accablante du «nutritionnellement correct».»

Peut-on maigrir en mangeant n’importe quand?
Autre entreprise de normalisation: la règle des trois repas réguliers. Elle n’a même pas l’excuse de l’histoire ou de la géographie: elle est seulement en usage depuis le XIXème siècle et ne se vérifie que dans certaines régions du monde. Les habitants de l’Asie du Sud-Est, par exemple, ne sont pas gros et pourtant, leurs rues sont pleines de marchands ambulants qui vendent des plats à manger sur place. Là-bas, on n’écoute, semble-t-il, que les sirènes de sa faim, et on a raison puisque celles de la ponctualité obligée n’ont aucun droit scientifique. Une étude menée par l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, à Paris, a prouvé que ni le nombre ni le moment des prises alimentaires n’avaient d’importance dès lors qu’étaient respectés les besoins caloriques. À cette condition, on peut très bien faire un seul repas par jour, si c’est le rythme qui nous convient. On a également analysé la courbe de poids des musulmans en période de ramadan. On pourrait penser que leur jeûne provoque un amaigrissement. Il n’en est rien. Il est équilibré par l’apport du repas nocturne, et les pratiquants maintiennent leur poids de départ.

On a dû vous faire plus d’une fois le coup du volume, à grands renforts de kilos de salade! Ce n’est pas se remplir l’estomac qui importe; la satiété est affaire de calories et de goût. On comble la faim avec des aliments qui ont une réelle fonction de restauration, de réparation. Mais on en arrive à reprocher à la nourriture d’être… nourrissante. Et on ne tolère plus que le naturellement ou artificiellement «light». Résultat, on est toujours en-deçà de sa ration de calories et de saveurs, et toujours confronté à l’alternative infernale des régimes: autrement dit ou se contraindre à claquer du bec ad vitam, ou se ruer par périodes sur du lourd et du calant, et faire le deuil intermittent de la minceur et définitif du plaisir. Il ne faut pas oublier la dimension affective de la nourriture ni ses pouvoirs réparateurs.

Éliminer complètement le «sucré» équivaut à se condamner à ce que le docteur Jean-Philippe Zermati appelle les «troubles du réconfort». «C’est vrai qu’un gâteau au chocolat console et restaure. Que se passe-t-il si on est un fou de régime? On résiste. On se dit qu’un yaourt maigre fera l’affaire. Mais il ne la fait pas. Alors, on en prend deux, puis trois. Et enfin, on engloutit dans la culpabilité ce qu’on aurait dû prendre tout de suite et en toute légitimité: son gâteau au chocolat.»

Or, il est possible de se réconforter avec la nourriture tout en s’inscrivant dans un schéma de régulation spontanée, guidée par les sensations alimentaires. C’est le cas chez les «mangeurs libres», qui ne s’imposent pas de restriction et sont à l’écoute de leurs besoins. C’est le cas d’Aline (50 ans): «J’avais toujours été mince. Et puis, alerte médicale, traitement hormonal, angoisse rentrée et 6 kg de plus. Je ne me reconnaissais plus. Je bouillais de colère contre le sort, contre le monde, contre moi. J’ai commencé à manger comme on sort un bazooka et j’ai pris 14 kg. Au bout de trois ans, je me suis dit: «J’arrête. Je suis gourmande, coquette et médecin». J’ai spontanément opté pour le plus simple et ce qui me paraissait le plus sûr: réduire les quantités sans rien changer à mes habitudes. J’ai perdu mes 14 kg – que je n’ai jamais repris –. Jamais – j’en suis incapable – je n’ai renoncé à mon gratin dauphinois ni à mon ficelle-crevettes-beurre salé. Simplement, quand j’en avais assez, j’arrêtais. Une chose m’a beaucoup aidée. Je suis dermatologue et j’ai enfin mis en pratique ce que je conseillais à mes malades sans avoir le courage de le faire moi-même: je me suis exfoliée, hydratée, massée avec de plus en plus de plaisir et avec le sentiment d’y gagner quelque chose d’essentiel tous les jours.»

Le facteur social et ses diktats
Nous ne sommes plus seuls à nous vouloir minces: la vox populi l’exige et clame l’indignité de ceux qui sont «incapables» de se conformer à ses idéaux. Qui l’eût cru? Depuis la chute du mur de Berlin, les ex-Soviétiques ont perdu, en moyenne, douze kilos (!) et les observateurs étrangers sont frappés par l’alignement morphologique des jeunes Chinoises. On ne peut plus grossir dans son coin sans déclencher aussitôt un scandale planétaire. Mais en y regardant de plus près, on découvre et l’on entend des allégations mensongères dont une «énorme» consistant à considérer le poids comme un phénomène purement mécanique donc mécaniquement maîtrisable. Comme le dit remarquablement le Docteur Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialiste des troubles du comportement alimentaire. Les patients, égarés par ce qu’ils lisent ou ce qu’ils ont déjà médicalement vécu, «vous apportent leur corps à réparer». Second mensonge, collectif celui-là, consiste en une double injonction contradictoire à vivre à la fois dans le plaisir et dans la contrainte. À jouir et à contrôler. «Au tabou du poids et de l’absence de maîtrise qu’il paraît signifier, s’en ajoute un autre, celui de la privation. On doit mincir et baigner dans la satisfaction sensorielle.»

Toute l’histoire de la minceur semble s’articuler sur des dénis. Qu’il s’agisse de catégories alimentaires, d’émotions ou d’individus, on gomme et on remplace par des tableaux d’interdits et des modèles universels.

M.S.B.

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