Entre le Crazy Horse et vous c’est une histoire d’amour et… de fidélité!
En effet, j’ai débarqué en 1992 à Paris avec, dans mon sac, une photo du fameux tableau de la relève de la garde royale britannique. Je me suis précipitée pour découvrir le show et y suis retournée
4 fois dans la semaine! Je performais déjà aux États-Unis dans un spectacle de strip-tease burlesque mais j’étais fascinée par la sophistication du travail sur la lumière. Alain Bernardin, fondateur du cabaret, s’était inspiré de la star du burlesque américaine Lily Saint Cyr. Mais son attention aux détails et sa créativité ont fait du Crazy Horse un trésor national! Je suis revenue à chaque voyage et, en 2006 puis 2009, Sophie Bernardin m’a invitée à participer au spectacle en guest.
Aujourd’hui vous intervenez sur la direction artistique, comment qualifier ce nouveau show, «les crazy girls»?
En collaboration avec les équipes du Crazy Horse et Ali Mahdavi, j’ai un rôle de curateur. Nous travaillons dans un langage artistique commun sur la nouveauté avec un goût pour l’exceptionnel. Je vais intégrer un hommage aux plus fameux numéros du Crazy Horse comme celui de la baignoire: Bath Dita’s mais ce sera le premier high-tech strip-tease avec des effets inédits top secret! Et, une musique composée spécialement par Sébastien Tellier.
Vous serez sur scène dans 5 tableaux pour 33 représentations, comment vous préparez-vous?
Très présente, je m’entraîne régulièrement et décide d’être forte! Comme à Los Angeles où j’habite, j’adopte à Paris une bonne hygiène de vie végétarienne et bio. J’adore marcher dans mon quartier du Marais. Flâner de Mariage Frères au musée Carnavalet, faire une pause à l’hôtel Meurice puis dans une parfumerie Caron…
En sillonnant la planète avec Strip Strip Hooray, vous découvrez des publics différents d’un continent à l’autre?
Cette année j’étais souvent en Chine où le strip-tease n’est pas autorisé, alors le public est extrêmement chaleureux et attentif. J’ouvre la porte vers un nouvel imaginaire… Être face à 3 000 ou 4 000 spectateurs crée une émotion différente de celle du Crazy Horse où la salle est un écrin. Ici, j’ai le sentiment que les spectateurs peuvent lire dans mes pensées… On est au comble de l’intimité!
Donnez-nous un conseil pour un strip-tease réussi
Il faut être sincère avec soi-même, naturelle, et prendre du plaisir pour en donner. Si vous pensez à ce qui vous rend heureuse avec une bonne dose d’humour et, une «feel good attitude», l’effet clin d’œil se démultiplie…
Comment gérez-vous l’impact des réseaux sociaux où les photos fusent partout instantanément?
Je m’en sers à la fois pour faire connaître ma nouvelle collection de lingerie (glamuse.com) avec 3 millions de followers sur Facebook, 1 million sur Instagram et 2,2 millions d’abonnés sur Twitter. Mais si je passe une soirée sympathique avec Isabelle Adjani ou Prince, je n’ai pas envie de la partager en photo. Quand on m’en demande je dis: «Oui, prenez la photo mais c’est tout ce que vous aurez!» Alors j’apprécie qu’elles soient interdites au Crazy Horse. Cela ajoute une intensité à la magie du moment.
Avez-vous le trac avant d’entrer en scène?
J’ai plutôt une énergie nerveuse saine que je canalise en m’isolant. Je me coiffe et me maquille seule en dégustant une coupe de champagne. Mais les 4 heures qui précèdent le show j’ai toujours raison! Croiser quelqu’un avec des intentions négatives altère la confiance en soi.
Quels sont vos projets?
Faire salle comble au Crazy Horse! Partir en tournée à travers l’Europe avec «Strip Strip Hooray» et mon fameux numéro du Martini Glass. Puis étoffer ma collection de lingerie de nouveaux coloris vibrants: bleu, mauve, pêche. J’ai toujours adoré les corsets, la dentelle, les guêpières. Et, je suis particulièrement fière de ma collection. Elle invite les femmes à s’y sentir belles et bien autant qu’à séduire. J’espère aussi conquérir un large public avec mon nouveau livre «A guide for excentric beauty»…
Sylvie Gassot








