«Money Monster» est un thriller d’action. Or, rares sont les femmes, si l’on excepte Kathryn Bigelow, qui s’attaquent à ce genre en tant que réalisatrices. Pourquoi ce choix?
Parce que j’aime ce style de films et que je rêvais depuis longtemps d’en tourner un en tant que réalisatrice. Je suis totalement contre l’idée qui veut qu’il y ait des films d’hommes et des films de femmes. Chacun doit pouvoir réaliser les œuvres dont il a envie. Moi je me suis sentie capable de porter ce scénario à l’écran et je l’ai fait, avec ma sensibilité féminine certes, mais je l’ai fait.
Ceci dit, le film n’est pas exempt d’une touche de féminisme. Le personnage de George Clooney n’est pas très brillant et c’est Julia Roberts qui réussit à le tirer d’embarras. Qu’en pensez-vous?
Je pense que vous avez raison dans une certaine mesure bien que Clooney dès qu’il n’est plus en représentation – n’oublions pas que son personnage est celui d’un animateur de télévision populaire –, retrouve une sensibilité et un discernement pas moindres que ceux du personnage de Julia Roberts. C’est facile pour elle de garder son sang froid, après tout c’est lui qui se trouve sous la menace de l’arme du preneur d’otages. Comme je vous l’ai expliqué, j’ai réalisé le film avec ma sensibilité féminine. Un homme aurait tourné le même sujet autrement, c’est évident.
Quel effet cela vous fait d’être à Cannes pour présenter ce film que vous avez mis en scène?
Je ne me lasse pas de Cannes. C’est vrai, j’ai beau y venir je suis toujours fascinée par l’accueil réservé aux acteurs et aux cinéastes. Il y a ici un réel amour du cinéma et des films que l’on ne trouve pas forcément ailleurs, en tout cas pas avec cette même intensité. Je suis impressionnée d’être au Festival avec mon film et en compagnie de George (Clooney) et Julia (Roberts).
Est-ce différent d’être présente ici en tant que cinéaste et non comme actrice?
Oui, j’admets que je me sens plus en sécurité parce que je n’apparais pas à l’écran. Je suis une «planquée» cette année, comme on le dit en bon français (Rires)!
Propos recueillis à Paris par Nabil Massad









