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Le dialogue qui ne sert à rien

Le dialogue qui ne sert à rien D.R.

Le dialogue qui ne sert à rien

Le dialogue! C’est à croire que c’est un sport national dans les hautes sphères de cette République libanaise en lambeaux! Si les chers représentants de la Nation se plaisent à s’insulter, à échanger injures, menaces et accusations au quotidien, et n’hésitent pas à se vouer ouvertement une haine mutuelle, tous, sans exception, se retrouvent pour proclamer leur attachement à cette «unique planche de salut» appelée dialogue (!) qu’il soit bilatéral, multilatéral, singulier ou pluriel.

Les responsables s’y exercent depuis des décennies, ils l’ont conjugué au passé, l’ont relancé au présent, avec une fenêtre ouverte sur le futur sans jamais, on le sait, enregistrer une quelconque avancée. Piètres performances pour un soi-disant dialogue à la fois oiseux, stérile, improductif, infructueux, inefficace… et inutile.

Mais, attention priorité à la propreté! À chaque round, les dynamiques éboueurs de Sukleen s’attellent à la tâche pour balayer méticuleusement la Place de l’Étoile déserte, qui s’apprête à accueillir les divers intervenants qui pourraient être sérieusement choqués à la vue d’une feuille d’automne tourbillonnant sur la chaussée!

Et pendant ce temps perdu, le pays va à la dérive.
Y a-t-il plus désolant, plus consternant, plus affligeant, plus honteux que ce spectacle surréaliste des torrents de boue drainant une quantité surprenante de détritus dans les rues de Beyrouth? Y a-t-il plus offensant, plus écœurant, plus répugnant que les montagnes de déchets à peine dissimulées sur le flanc des montagnes, au bord des fleuves et en pleine ville avec leurs émanations putrides qui propagent pestilences et infections?

Vous avez dit dialogue? Bienvenue en “Absurdie!”

Ghada Baraghid