Dorénavant, aucun conducteur ne pourra griller un feu rouge sans être verbalisé ou rouler à tombeau ouvert en montagne ou sur l’autoroute sans être lourdement pénalisé. Le législateur a tout prévu. Malheur à celui qui osera faire l’impasse sur la ceinture de sécurité, ou faire usage de son mobile au volant. Honte à celle qui garera son véhicule en deuxième ou troisième files bloquant allègrement le passage, ou qui prendra, avec ou sans élégance, un U turn ou un sens interdits… le permis à points sera généralisé à toutes et à tous sur l’ensemble du territoire libanais.
Réjouissons-nous, parce que même les motards, ce fléau ambulant sur deux roues, n’auront plus la latitude de nous empoisonner la vie dans l’impunité laplus totale.
En d’autres termes, la zénitude remplacera le stress, la perte de temps et de nerfs derrière le volant. Rien que des promesses de bonheur retrouvé sur les routes de notre cher pays.
Faut-il y croire?
Une fois l’euphorie passée, le doute commence à s’insinuer. Des questions s’imposent et se posent. Tout cela n’est-il pas extrêmement difficile à mettre en œuvre? Les agents de la circulation sont-ils quantitativement et qualitativement aptes à exécuter les nouvelles dispositions de la loi? Sont-ils dotés des moyens et outils nécessaires pour faire face aux fiers-à-bras prêts à violer, sans souci, non seulement le code de la route mais toutes les lois réunies de la République? Sans oublier le clientélisme que citoyens et responsables ont érigé en mode de vie national. Nous ne souhaitons pas jouer les rabat-joie, mais les expériences passées nous laissent sceptiques. Malheureusement.
Ghada Baraghid