Nous l’avions noyée dans les bulles sans regret et trinqué à notre santé (physique et mentale) et à celle de tous ceux que nous aimons et aussi de ce cher Liban qui souffre d’indigestion aiguë et chronique. Nous pensions avoir mis au panier les séances de dégoût quotidiennes aux aromes putrides, les recettes à la viande en provenance directe des abattoirs, saupoudrées d’ailes de cafards et de foie d’rat, assaisonnées aux pesticides toxiques et arrosées de «traces» de matières fécales… Le tout servi avec une tranche de «mite» de pain au blé souillé.
2015, porteuse de tous nos espoirs, s’ouvre hélas sous le signe de la même écœurante nausée. Rien ne va plus, après les produits laitiers couverts de moisissure, les volailles non conformes aux normes, les poissons avariés, le sucre pollué, voici même venue l’heure des épices… À la poubelle cannelle, muscade et autres cardamomes, a conseillé le ministre. Chez nous, contrairement à ce que dit le célèbre proverbe, l’appétit se perd en mangeant. C’est bon pour la diète, diriez-vous!
Il faut reconnaître qu’il ne manquait plus que la menace alimentaire pour compléter le tableau dans un pays où la sécurité, dans tous ses états, a atteint le stade de l’agonie. Du nord au sud en passant par le centre, les armes se vendent et s’achètent comme des petits pains et la corruption se sirote dans des pots-de-vin, se cuisine dans les casseroles des administrations publiques et se savoure même dans les couloirs des hôpitaux…
Tchin-tchin! à votre santé!
Ghada Baraghid