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Chroniques de la vie ordinaire à Beyrouth

Chroniques de la vie ordinaire à Beyrouth AFP.

Chroniques de la vie ordinaire à Beyrouth

Se réveiller en sursaut au son assourdissant des marteaux-piqueurs, ouvrir la fenêtre et humer les odeurs pestilentielles dégagées par les poubelles amoncelées au coin de la rue devant l’immense tour en béton qui a remplacé le jardin de la vieille bâtisse abandonnée.
Remarquer les fils électriques grossièrement enchevêtrés suspendus en l’air.

Déambuler sur les trottoirs éventrés encombrés par divers obstacles ou squattés par les «valets parking». Admirer la valse des citernes bringuebalantes distribuant une eau d’une limpidité douteuse aux citadins dont les réservoirs sont à sec.

Respirer sans états d’âme les particules de CO2 et autres émanations toxiques crachées par les échappements des voitures sans s’embarrasser du degré de pollution en ville. Patienter coincé dans les embouteillages et découvrir l’agent de circulation en retrait tranquillement plongé dans son portable. Se balader au centre-ville désert cerné par les guirlandes de fils barbelés et investi par d’énormes blocs de pierre…

Se résigner à prévoir un budget spécial électroménagers pour remplacer les appareils constamment malmenés par les caprices du courant électrique. Se retrouver quand même bloqué dans l’ascenseur, en dehors des heures de rationnement prévues. Allumer la télé et tomber sur un ministre en train de clamer sur un ton ferme son attachement indélébile à la santé des citoyens.

Dormir bercé par le ronronnement du générateur installé dans le terrain vague adjacent.

Ghada Baraghid