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Film Lebnéné Tawil

Film Lebnéné Tawil AFP.

Film Lebnéné Tawil

Toujours à l’affiche, Film Lebnéné Tawil, un interminable long métrage intitulé «L’élite au pouvoir est une ordure». Pour le visionner ou encore le renifler, il n’est pas nécessaire de se rendre dans une salle obscure. Projeté gratuitement en plein air, planté dans un décor réel et surréaliste à la fois, il n’a rien de virtuel et se laisse découvrir spontanément à chaque carrefour, aux coins des rues, à flanc de montagnes…

Sur fond de querelles politiciennes pour le partage de la galette, la version 2015 avait été projetée en continu du début de l’été jusqu’à la fin de l’automne, autant dire qu’elle avait fait le buzz au box-office, hissant Lebnan el-Akhdar au top de l’actualité internationale (CNN et le long fleuve tranquille des détritus, rappelez-vous!).

Tant et si bien que les cerveaux décideurs, plutôt que de s’atteler à trouver des solutions durables respectueuses de l’environnement et de la santé des citoyens – elles existent –, ont préféré procéder à un remake du même scénario puant nous proposant une version 2016 encore plus infecte.
Au générique, les mêmes acteurs minables, les mêmes émanations cancérogènes et les déchets de tout acabit alignés ou disposés en méandres sous et sur les ponts, entassés en montagnes sur les routes principales et secondaires et parsemés en petites collines un peu partout.

Dans ce spectacle effarant, loin d’être un banal spectateur, le Libanais endosse le rôle de comparse malgré lui, pris à la gorge par un sentiment de dégoût et d’impuissance.
En attendant la délivrance, «L’élite au pouvoir est une ordure II» joue les prolongations!

Ghada Baraghid