Le conducteur libanais est le roi incontesté du “je me fiche des autres, donc je suis”. À lui l’ivresse, à lui la vitesse, à lui l’impolitesse! Atteint du syndrome de l’ego démesuré, proportionnel le plus souvent à la valeur de son véhicule, il l’affiche avec force derrière le volant. Daltonien, il fonce au feu rouge, s’énerve, gesticule, insulte, distribue des bras d’honneur… Se considérant toujours et partout prioritaire,
il se gare en deuxième ou troisième files et, pourquoi pas, sur le trottoir, bloque
allégrement le passage et gare à celui qui a le malheur de vouloir revendiquer ses droits, il sera abreuvé d’une litanie de grossièretés d’un niveau qu’il lui sera difficile de surpasser.
Maîtriser les règles de la conduite au Liban équivaut à fanfaronner et à se débrouiller pour passer avant le commun des mortels. C’est à celui qui slalome le mieux, qui
réussit à s’infiltrer entre les voitures, qui accélère sans raison toujours prêt à doubler les autres ou à leur faire une queue de poisson. Se considérant comme le maître
incontesté du bitume, le conducteur libanais se prend pour un champion de Formule 1. Toujours pressé, en tout temps et en tout lieu, il n’hésite pas à prendre les sens
interdits à toute allure, mobile collé à l’oreille, en klaxonnant pour intimider ses pairs.
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